Historique du sujet
Parti des États-Unis avec la loi ADA (American with Disabilities Act) de 1990 sous le nom d’ Universal Design ou d’Inclusive Design, la démarche s’est étendue au Canada, au Japon et dans une grande partie de l’Europe sous le nom de Design for all. Dans ses documents, la Commission Européenne utilise principalement la traduction française de Design pour tous. Le point par pays :
- Aux ETATS-UNIS :
- déclenchée sous l’impulsion de la Loi ADA (American with Disabilities Act) de 1990 accompagnée d’une forte action normative,
- avec une forte démarche conceptuelle ayant conduit à définir les 7 principes de l’Universal Design applicable aussi bien en architecture que dans la fabrication de produits et services à savoir :
- ..1-Usage équitable (utile et accessible par tous)
- ..2-Flexibilité d’usage (satisfaisant un large champ d’attentes et de capacités individuelles)
- ..3-Usage simple et intuitif
- ..4-Information perceptible par tous (quelque soient les conditions ambiantes ou les capacités sensorielles)
- ..5-Tolérance à l’erreur accidentelle ou involontaire
- ..6-Faible niveau d’effort physique
- ..7-Environnement d’usage adapté (concerne l’accès en incluant dans le cas des produits l’emballage et son ouverture)
- Avec des concrétisations dans le monde de l’urbanisme, dans celui des télécommunications mais aussi dans les catalogues de grande consommation avec des produits valorisés par la référence « ADA compliant ».
- Avec plusieurs centres de ressources dont les principaux sont « The Center for Universal Design » à Raleigh, « The Center for Inclusive Design and environmental Access » (IDEA) à Buffalo et « Adaptative Environment » à Boston, qui proposent des services de recherche, d’assistance aux entreprises, de formation et d’information. Plusieurs exemples de produits développés avec les critères de l’Universal Design y sont présentés.
- Avec l’approche « Human Design » portée par Sachiko Uozumi designer japonaise installée à New York.
- Au CANADA :
- Avec une approche normative et segmentée de 1970 à 1990 puis une démarche « macro-environnementale » d’accessibilité universelle depuis 1990.
- Depuis 2000 le concept développé est celui d’une société inclusive pour tous.
- La démarche canadienne établit un lien fort entre la recherche de bien-être et de confort pour Tous et la préservation environnementale.
- En SCANDINAVIE :
- Une action concertée des Ministères des Affaires Sociales de l’ensemble des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède) au sein de la « Nordic Cooperation on Disability » intégrant une action de communication par deux magasines « Form § Function » et « … ALL » informant de l’actualité de tout ce qui touche à l’intégration de Tous.
- Une approche norvégienne orientée vers la prise en compte simultanée des facilités d’usage et de l’esthétique. Un objectif affiché d’élargir l’appropriation par le marché pour réduire le coût des mesures spécialisées supportées par les pouvoirs publics.
- Une action Danoise dynamisée par le Danish Center for Accessibility. Celui-ci possède un département Design for all qui est moteur au sein des actions européennes et nordiques.
- Dans le RESTE de l’EUROPE :
- Plusieurs acteurs au Royaume Uni (Université de Cambridge, Ergonomics safety research institute, Helen Hamlyn Research Center,…) mais semble-t-il sans coordination. Des textes législatifs surtout orientés sur l’accessibilité web.
- En Espagne l’existence d’une fondation (« The Design for All Foundation ») avec une charte et une certification.
- Des acteurs identifiés en Irlande, Portugal, Italie, Belgique, Pays-Bas au sein de l’European Institute for Design and Disability (EIDD) fondé à Dublin en 1997 devenu depuis le réseau européen du « Design for all ». On retrouve bien sûr les acteurs des pays nordiques, d’Espagne et du Royaume Uni dans cet institut. Le site de cette organisation s’appelle http://www.design-for-all.org et se veut un recueil d’informations et un forum européen de discussion sur le design pour tous.
- L’existence de l’European Design for All e.Accessibility Network (EDeAN) créé en juillet 2002 en déclinaison du plan d’action de la communauté européenne eEurope 2002.
- Le lancement en juillet 2004 d’un concours européen « Design pour Tous et Technologie d’assistance » dont les prix ont été attribués en Allemagne en novembre 2004.
- Au JAPON
- Un foisonnement d’initiatives depuis le constat pragmatique qu’en 2015 le Japon aura 25% de sa population qui aura plus de 65 ans.
- La création en 2003 de l’IAUD (International Association for Universal Design.
- L’organisation par cette association en octobre 2006 à Kyoto du 2e congrès international de l’Universal Design a mobilisé 14600 participants pour 320 conférences et plus de 150 entreprises japonaises étaient présentes.
- Une démarche soutenue par le Ministère du commerce et de l’industrie (MITI) et non initiée par les Affaires Sociales comme dans les autres pays. La plus part des grands groupes y participe (Sony, Toshiba, canon, Matshushita, Mitsubishi,..).
- Un Institut de Recherche pour le Développement de la Qualité de la Vie Humaine créé par le MITI dont l’objectif est de permettre aux industriels japonais de développer des produits et services fournissant un environnement de vie sûr et confortable (pour répondre à l’évolution d’attentes du marché).
- Une fondation, « KYOYO-HIN », qui depuis 98 siège au Comité de Politique de la Consommation et influe fortement et efficacement sur la prise en compte de la démarche d’universal design dans les normes et standards des produits et services.
- Au BRESIL :
- L’organisation fin 2004 du 1er Congrès international de l’universal design à Rio de Janeiro.
- Une démarche de formation des architectes à l’universal design : « les méthodologies d’enseignement de l’architecture inclusive, créant des outils pour la qualité de vie pour tous ».
- En INDE :
- La création il y a un peu plus d’un an du Design for All Institute of India (www.designforall.in)
- Et en FRANCE :
- Une étude fin 2003 réalisée par Michèle Comte (Egéris) pour le Centre Technique National d’Etudes et de Recherches sur les Handicaps et les Inadaptations (CTNERHI) sous convention DGAS : « Pour une éthique durable de conception pour tous » constatant le retard français dans le domaine, prônant une liste d’actions mais à ce jour resté sans suite.
- Les Centres d’innovation technologique créés en milieu hospitalier à la disposition des industriels et des chercheurs pour faire progresser l’innovation essentiellement palliative. Le Centre de Garches a ainsi été créé sur le handicap et met à la disposition des industriels une plate-forme et un personnel spécialisé et formé à la méthodologie des protocoles de développement industriels et de recherche.
- Pas encore de démarche structurée réunissant les différents acteurs (élus, universitaires, entreprises, consommateurs) comme dans la plupart des autres pays développés. L’article L 114-3 j de la Loi du 11 février 2005 et tous les décrets concernant l’accessibilité des lieux de vie doit inciter à initier une telle démarche.
- Plusieurs démarches commencent à émerger. On peut citer à titre d’exemple l’action initiée par un réseau d’acteurs à Saint-Etienne avec l’adhésion en 2007 de la Cité du Design de Saint-Etienne à l’EIDD, ou le travail de pédagogie réalisé par divers partenaires à Angers autour du slogan « Un habitat facile à vivre ».




